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Anecdotes d’un ancien de la section Armement du CEV (suite) - Par Emile Mazuel

En dehors des essais en vol et au sol des aéronefs et matériels aéronautiques, le Centre d’Essais en Vol a apporté son concours à d’autres causes, comme le relatent ces quelques faits, qui sont souvent en relation avec la Butte de tir de Brétigny…

Aide au Service Santé : vol « coqueluche »

En 1949, une épidémie de coqueluche eut lieu en région parisienne et les enfants du personnel du CEV ne furent pas épargnés ; à cette époque, on n’avait pas les moyens actuels pour soigner cette maladie, mais on savait qu’un vol à différentes altitudes pouvait calmer les quintes de toux.

Le médecin chef du CEV organisa pour ces enfants, avec le chef PN, un vol en Junker JU-52. Ce vol eut lieu le 23 juin 1949 à Brétigny et fut baptisé « vol coqueluche ».

Ce vol comportait une montée à 3000 m avec un palier de 30 mn, puis une descente à 2000 m avec un palier de 30 mn, une remontée à 3600 m pendant 30 mn, puis atterrissage.
Le pilote de l’avion était le Lt MONIER et le responsable de l’opération le médecin-chef ACCHIARI.
Ayons aujourd’hui une pensée de reconnaissance pour ces deux hommes décédés qui participèrent en 1945 à la libération de leur pays, l’un comme pilote au célèbre régiment « Normandie-Niemen », l’autre comme médecin dans un réseau de résistance. Ils représentent notre liberté et la joie dont tous profitent tous les jours.

Aide à l’agriculture

A partir de 1949, la ferme de Bressonvilliers (actuellement l’INRA) entretenait et mettait en culture les terrains entourant les pistes du CEV à Brétigny. Ce terrain ayant été bombardé par l’aviation américaine lors de la dernière guerre, il arrivait de temps en temps en labourant, que l’ouvrier agricole déterrait une bombe qui n’avait pas explosé.

Le chef de culture, sachant qu’à la butte de tir on détruisait des explosifs laissés par les allemands, demanda au Colonel chef de la section « Armement » le concours de spécialistes pour neutraliser chaque bombe qui serait découverte, ce qui lui fût accordé.
La destruction immédiate de l’engin explosif permettait aux ouvriers de reprendre le travail sans une trop longue immobilisation.

Aide après un accident aérien

Le 9 mars 1969 eut lieu à St Denis de la Réunion un très grave accident aérien avec l’avion ministériel DC-6B (N° 43748 – F-RAFB) qui transportait le chef d’Etat Major, le Général AILLERET et sa suite, causant la mort de quinze personnes.

Pour recevoir les corps rapatriés par avion, le ministère de la défense ayant choisi le CEV à Brétigny, le Directeur demanda au responsable de la butte de tir de libérer rapidement un hangar et un bureau pour la réception des familles et la mise en bière des corps par les Pompes Funèbres, ce qui fut fait.
L’espace de la butte de tir étant éloigné de l’activité principale de l’établissement et à l’abri des regards indiscrets permit aux intervenants de remplir au mieux leur mission.

Demande au CEV de supprimer les nuisances sonores

La découverte de la propulsion à réaction a fait accomplir un véritable bond en avant aux « plus lourds que l’air » et a permis d’atteindre des vitesses jusqu’alors interdites en franchissant le mur du son.

A chaque passage, les observateurs au sol entendaient une double détonation qui, les premiers temps, les faisait sursauter.
C’est à la suite des passages du « Mur » en 1956 qu’un Maire d’une commune de l’Essonne demande au Directeur du CEV (voir lettre ci-contre) de bien vouloir effectuer ses essais ailleurs, faisant ressortir que les « bangs » détruisaient les couvées de poussins, privant ainsi la population de pouvoir élever des poulets.