Association Amicale des Essais en Vol
Article rédigé pour le bu
lletin 2024 parJean-Éric Chevillot.
Ayant intégré le Corps de l’Armement, François Courtot a été affecté à la base d’essais d’Istres du CEV après avoir été successivement diplômé de SupAéro (promotion 1971) et breveté pilote de chasse à l’Ecole de l’Air.
Il est rapidement retenu pour la formation de navigant d’essais comme INE (ingénieur navigant d’essais) et aura le privilège d’être désigné pour suivre son cursus à l’USTPS (US Test Pilot School) sur la base d’Edwards en Californie. Breveté INE (brevet n°339 rattaché à la promotion 1974 de l’EPNER), il devient alors responsable des essais en vol de l’Alphajet puis du Mirage 2000.
Après son début de carrière au CEV, il fait une courte période hors du ministère de la Défense à la DATAR (délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale) avant de revenir à la Direction des Constructions Aéronautiques de la DGA en 1983 comme contrôleur de programme des Mirage F1 et Mirage 2000 export.
En 1988, nommé chef de la base d’essais d’Istres, François retrouve le CEV. La transition entre les deux fonctions est extrêmement rapide ; il débarque à Roissy d’une mission aux EAU pour le programme Mirage 2000 vendu à ce pays, et il est immédiatement pris en charge par un chauffeur de la base d’essais de Brétigny pour l’amener directement sur le parking avion où, jeune ingénieur à Istres, j’attends mon nouveau directeur avec l’équipage du Nord 262 qui va le conduire à ses nouvelles fonctions.
François est partout, avec un charisme entrainant, et donne un grand coup d’accélérateur à la base d’essais d’Istres. Il en profite pour y faire construire une nouvelle cantine, et rénover la résidence de Monteau sur l’Etang de Berre. Il pense aussi cohésion, et je me souviens encore d’un rallye touristique organisé avec l’association sportive locale (l’ASLBEI), où lui et son épouse Marie-Rose déjeunent simplement avec les participants dans un pique-nique convivial : qui se serait douté que plusieurs convives de ce déjeuner se retrouveraient trente ans plus tard dans le conseil d’administration d’aujourd’hui de l’AAEV ! Il retrouve aussi alors comme commandant de la base aérienne d’Istres, son ancien pilote d’essais, Gérard Paqueron, avec qui il avait nombre d’essais Alphajet. Il suit aussi durant cette période le cursus du Centre des Hautes Etudes de l’Armement (CHEAr).
A l’issue, François rejoint Dassault Aviation dont il devient directeur général international adjoint et directeur des exportations militaires. Il occupe ensuite d’autres fonctions importantes dans l’industrie, chez Aerospatiale Missiles, avant de rejoindre la Compagnie générale des turbo-machines (CGTM) à Bordes, puis Turboméca et enfin le groupe Safran dont il devient directeur général international, et où son dernier poste sera directeur délégué pour le Sud-Ouest. C’est dans cette fonction, qu’avec son sens de la diplomatie, il organise au profit du président du groupe SNECMA, Jean-Paul Herteman, une visite flash et impromptue (mais tout de même préparée et un peu anticipée) de l’AIA de Bordeaux dont je suis alors directeur : la normalisation des relations entre l’AIA et SNECMA devra beaucoup à cette visite !
Retraité, François conserve une activité intense, et il serait trop long de citer toutes ses fonctions et actions. Très impliqué dans l’économie régionale du grand Sud-Ouest et plusieurs instances et associations, il pilote aussi l’organisation des manifestations du centenaire de l’aéronautique en Aquitaine à Bordeaux Mérignac en 2010 et occupait encore fin 2023 les fonctions de secrétaire général de la section Aquitaine des Conseillers du commerce extérieur de la France (CCEF). Ajoutons qu’il est aussi élu à l’Académie des sciences, belles lettres et arts de Bordeaux !
Et pendant tout ce temps, convaincu de l’importance de l’action associative, François a toujours été un adhérent fidèle et impliqué de l’AAEV. Il en devient naturellement le président en 1992, fonction qu’il exercera jusqu’en 2007, où sa gentillesse et sa convivialité seront unanimement appréciées. Pour résumer son action, je pense que le rayonnement et le succès des Galas des Essais en vol de l’époque, aux Vaux de Cernay ou au musée des Arts Forains par exemple, en sont la meilleure preuve.
Lorsque dans le milieu des années 2010, l’équipe en place envisage la dissolution de l’AAEV, François ne peut l’accepter et, fidèle à sa méthode de fédération des énergies, il monte une équipe pour construire un projet de relance. Cette équipe sera élue en 2016 au conseil d’administration, et, malgré toutes ses autres activités, il accepte d’en devenir le vice-président et s’y implique avec toute son éternelle énergie.
François, grâce à toi, l’AAEV existe toujours. Je sais ce que je te dois pour ma propre carrière, nous sommes nombreux à savoir ce que tu as donné à l’AAEV et ce que l’AAEV te doit, nous t’en sommes reconnaissant, nous t’en remercions et nous allons poursuivre l’action de l’AAEV pour l’entraide, la solidarité, la cohésion et le rayonnement de la famille des essais en vol comme tu l’aurais souhaité.
Je crois pouvoir me permettre d’être le relais de tous nos adhérents pour affirmer que ta silhouette souriante et chaleureuse, celle de la très belle photographie ci-dessous et en couverture de ce bulletin, restera gravée dans nos mémoires et dans l’historique de l’AAEV.
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