Association Amicale des Essais en Vol
Ingénieur Général Gabriel COLIN, ancien Directeur du CEV
L’Ingénieur Général de l’Armement Gabriel COLIN nous a quittés le 8 avril au terme d’une vie bien remplie et toute dévouée à l’aéronautique et en particulier aux essais en vol.
Né le 21 octobre 1929 à Strasbourg, il a vécu une enfance au gré des mutations de son Papa, pilote de chasse dans l’Armée de l’Air, dont il héritera de cette passion de l’aviation qui ne le quittera jamais et qu’il a su partager et transmettre à ses enfants. En 1944, encore bien jeune, il affrontera la perte de son Papa qui a donné sa vie à la France après avoir été condamné à mort et fusillé par la Gestapo.
En 1947, il quitte sa famille à Montpellier et entre au Prytanée Militaire de La Flèche pour préparer les concours d’entrée dans les grandes écoles d’ingénieur. Reçu à Sup’Aéro en 1950, il intègre brillamment sur concours le Corps des Ingénieurs de l’Air et entame une carrière aéronautique essentiellement orientée vers les essais en vol.
D’octobre 1954 à septembre 1959, il est affecté au CEV/CIEES (Centre Interarmées d’Essais des Engins Spéciaux) à Colomb Béchar en Algérie où il participe aux essais en vol des premiers missiles air-air français et se consacre aux moyens d’essais des missiles balistiques aux Tchad puis au futur Centre d’essai des Landes. Il rejoint ensuite Montrouge jusqu’en juin 1961 toujours pour le CEV/CIEES.
En juillet 1961, il est affecté à la Mission Technique d’Achat française à Coblence en Allemagne où il ne reste qu’un an et dont la mission était d’entretenir des relations avec le BWB, grand service d’approvisionnement de la Bundeswehr implantée à Coblence, pour les domaines de la coopération comme de la vente éventuelle de matériels français à l’Allemagne.
Il rejoint la base d’essais d’Istres pour le CEV en juillet 1962 où sa première tâche est d’aider à l’installation des équipes allemandes du Centre d’Essais Allemand de Manching en vue de préparer la création d’un détachement essais en vol afin de réaliser des essais dans de meilleures conditions climatiques et d’espace aérien qu’en Bavière. Il inaugure l’annexe du CEV allemand (E-Stelle) en 1963. Il est nommé Chef de la Base Annexe d’Istres en 1967 en succédant à l’IGA ARNAUD.
C’est la fascinante époque des programmes pour les Armées avec en particulier les Mirage III, IV et F 1, le Jaguar, l’Atlantic et le Transall. Mais c’est aussi l’époque des prototypes à décollage vertical ou à flèche variable.
Il est appelé à Brétigny-sur-Orge en septembre 1970 comme Chef des Essais du CEV et devient sous-directeur Technique du CEV en mai 1971 (il succède à l’IGA GUENOD). Cette même année, il est admis au CHEAR.
Mais son souhait le plus ardent est de prendre la direction du CEV. Avant d’y arriver, il devra « ronger son frein » comme Sous-Directeur du STAé à Paris de février à décembre 1977. Il est promu IGA le 1er avril 1977. En janvier 1978, sa patience est récompensée par sa nomination au poste de directeur du CEV (il succède encore une fois à l’IGA GUENOD) et il y reste un peu plus de 6 années avant d’être appelé comme Directeur du STPA de nouveau à Paris jusqu’en juillet 1984 où il est admis en 2ème section.
Sa passion pour le vol fut largement satisfaite, malgré son grand regret de ne pas avoir l’acuité visuelle d’un chasseur, en volant autant que possible et autant que nécessaire à son métier en tant que pilote des Corps Techniques, et ce que ses responsabilités successives au CEV justifiaient. Il totalisera 3000 heures de vol sur avions et hélicoptères.
Ses qualités d’homme et de chef sont reconnues par tous ceux qui l’ont bien connu tout au long de sa carrière parmi lesquelles :
Officier de la Légion d’honneur et de l’Ordre National du Mérite et titulaire de la Médaille de l’Aéronautique, l’IGA Gabriel Colin aura connu l’estime de tous pour son travail acharné et sa droiture.
Marié en 1952 avec sabine, ils ont eu cinq enfants, onze petits-enfants et huit arrière-petitsenfants.
sa passion de l’aéronautique et des essais en vol a été transmise à la génération
suivante soit au travers du métier de pilote ou simplement par la pratique privée ou même par
l’intérêt porté à la littérature et l’histoire aéronautique.
CDT (ER) Jean COLIN
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