Association Amicale des Essais en Vol
Membre fidèle et actif de l’AAEV depuis de nombreuses années, Jean-Louis participait avec nous au conseil d’administration le vendredi 16 mars, en pleine forme et fort alerte, la veille de son décès.
Ces réunions en visio-conférence lui avaient permis d’y assister régulièrement, habitant à proximité du site de Cazaux.
Attristés par ce départ soudain, les membres du CA présentent leurs sincères condoléances à ses proches.
Témoignage de l’IGA Philippe Alliotti
« J’ai croisé Jean-Louis Armynot du Chatelet dans la partie de sa carrière où il s’occupait d’essais de missiles, après avoir débuté sa carrière au CEV.
Il fut de 1972 à 1984 (ou 1985) sous-directeur technique du Centre d’Essais des Landes. Il m’a alors accueilli dans mon premier poste et fut mon mentor professionnellement.
C’était un homme intelligent, cela va sans dire, à l’écoute de ses subordonnés, mais surtout très prolixe en termes de philosophie technique ou organisationnelle.
Une anecdote : c’est lui qui m’a appris le test du « couillon » ou test du chef dont je me suis toujours servi. Partant du fait que l’écrit doit être le plus clair et le plus précis possible, aucune faute de forme ne peut être tolérée. De ce fait il relisait très attentivement et surtout n’hésitait pas à se faire relire. Il m’a surpris à l’origine quand il m’a demandé de le relire et le critiquer (moi-jeune ingénieur et lui ingénieur en chef), sur des sujets que je ne connaissais pas (le « couillon ») et m’a ainsi appris qu’un chef devait toujours être impitoyable sur ses écrits et ceux de ses collaborateurs. C’était une clé de l’efficacité !
La dernière partie de sa carrière s’est passée en administration centrale de la direction des Engins de la DGA où il a exercé les fonctions de sous-directeur en charge des investissements et immobilisations de la direction (qui comprenait à l’époque les centres d’essais CEL, CEM et CAEPE).
Ensuite après la fin de « l’activité », il a poursuivi une autre activité, celle de conseil et d’intermédiaire dans l’armement, notamment pour les industriels responsables des cibles aériennes nécessaires aux essais.
C’est alors que je fus amené à le croiser à nouveau quand il venait me voir à la fois par amitié, mais aussi pour bavarder, autrement dit pour échanger sur les avanies de notre monde de la défense, voire pour obtenir de l’inspecteur général des armées quelques informations ou introductions, ce dont il ne se cachait pas avec le plus grand sourire !
Bel exemple de ce que furent les ingénieurs de l’armement dans la réalisation des forces françaises modernes, de la dissuasion particulièrement, avec des valeurs qu’il portait haut et fort pour que les générations suivantes soient portées par les mêmes idéaux, ceux qui façonnent toujours notre France dans son indépendance et sa grandeur ! »
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