Association Amicale des Essais en Vol
Pierre-Yves DEBROISE est né le 24 février 1944 à Chamalières. Il est Chevalier de la Légion d’Honneur, Officier dans l’Ordre National du Mérite et titulaire de la médaille de l’Aéronautique.
Il nous a quitté le 1er mars 2026
Texte de Etienne MAURICE.
Pierre-Yves choisit la carrière d’officier de Marine, et entre à l’Ecole Navale avec la promotion 1964. Après la campagne Jeanne d’Arc, il embarque pendant un an sur le bâtiment-base Morvan à Mururoa, puis brièvement sur l’Arromanches à Toulon. Choisissant la spécialité de pilote de l’Aéronautique Navale, il en suit le cursus qui comprend un an à l’Ecole de l’Air pour finir sur les bases de Dax puis de Chambéry où il devient pilote d’hélicoptère. Il est breveté pilote le 1 juillet 1970 avec le macaron 5445.
Il est affecté de 1971 à 1974 sur la base de l’Aéronautique Navale de Lanveoc-Poulmic, à la flottille 32 F équipée de Super Frelon, puis sur la base de Hao pour une année dans le pacifique, à l’escadrille 27S également sur Super Frelon.
A sa demande, la Marine le désigne pour suivre les cours de l’EPNER promotion 1975-1976. Il en sort breveté pilote d’essais d’hélicoptère et rejoint la base d’essais de Brétigny au sein de la section des Voilures Tournantes (VT).0
Aux VT, Pierre- Yves participa aux nombreuses activités d’un pilote d’essais : mises au point des divers composants du système de pilotage d’un hélicoptère, suivi des appareils en développement, en particulier
l’hélicoptère franco-britannique WG 13 (Lynx), certification d’hélicoptères étrangers, campagnes climatiques froides et chaudes (+50°, -50 °), servitudes diverses comme les parachutages de nos amis les parachutistes d’essais ; etc ..
Certains essais, pour lesquels Pierre Yves fut un acteur majeur, sont restés dans la mémoire des participants :
En 1986, les VT quittent Brétigny pour Istres et Pierre-Yves va vite devenir chef pilote. Ses fonctions s’élargissent ; il vole encore beaucoup, mais il représente aussi l’Aviation Militaire au conseil du Personnel Navigant de l’Aviation Civile. Il participe aux travaux qui allaient donner naissance aux règlements de certification européens. Avec les relations parfois difficiles entre la CER (Circulation aérienne Essais Réception) et ses usagers, Pierre-Yves montre, dans ses fonctions de coordinateur, des qualités rares, celle de savoir concilier les différents points de vue, celle de calmer les plus tenaces et celle de trouver un consensus acceptable par toutes et tous.
Il quitte le CEV pour prendre sa retraite en 2002, et nous quitte le 1 mars 2026.
Une anecdote…
Les cinéphiles se souviennent certainement du film Golden Eye, où l’agent de sa Majesté 007, est confronté à des méchants. Au cours d’une scène située sur une frégate, un hélicoptère de combat, le Tigre, décollait avec la vedette féminine du film et un vieux Général aux commandes ; la frégate était le « La Fayette », et le Tigre le prototype du futur hélicoptère de combat ; le tout dans le port de Monaco.
Les deux « doublures » des vedettes étaient un pilote du constructeur, Etienne Herrenschmidt et un pilote du CEV, Pierre-Yves Debroise.
Le réalisateur du film voulait montrer le peu de connaissances du pilotage des deux personnages du film, et donc un décollage de la frégate un peu « holé-holé » !!! Nos deux vrais pilotes se sont pliés à ces exigences, et tout s’est très bien passé pour une minute de film.
La photo montre Pierre-Yves en compagnie de sa supposée co-pilote !
Pour des raisons obscures nos 2 pilotes n’apparaissent pas au générique du film.
Texte de Daniel TABARD et Didier SALLES
Pierre-Yves a été le principal artisan d’une transformation fondamentale de la Circulation d’essais et de réception (CER) au tout début des années 2000. La dizaine de centres CER était alors répartie sous la tutelle des trois bases d’essais, Brétigny, Cazaux et Istres. Pierre-Yves a donné l’impulsion nécessaire pour structurer le dispositif, le rendre plus homogène dans son management humain et opérationnel. C’est à cette époque que la « division CER » a été créée pour regrouper sous une seule hiérarchie l’ensemble des centres CER dispersés sur le territoire, reprenant à son compte le pilotage opérationnel de tout le dispositif de contrôle, qui dépendait avant des « chefs PN locaux ». Depuis, cet échelon de management a fait
ses preuves. Il est maintenant bien installé dans le paysage des essais en vol.
Dès sa prise de fonction SDT/PN qui était devenue l’autorité hiérarchique de la CER avant la fin des années 80, Pierre-Yves s’est beaucoup investi sur les problèmes de recrutement et de statut des contrôleurs, leur permettant de quitter un statut de contractuel peu valorisant pour accéder à ceux de TSEF puis d’IEF, plus en adéquation avec leur brevet de contrôleur d’essais obtenu à l’EPNER depuis 1997. Au plan de la relation avec les syndicats, ses talents de négociateur permirent de résoudre des contentieux anciens liés à l’absence de perspectives statutaires et de possibilité d’avancement.
Nous devons beaucoup à Pierre-Yves pour tout cela.
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